Batifolages, brume, En rayon, Rendez-vous

Apprivoisez Brume…

Mercredi 12 août 2020
(à 09h01)

Pour ceux qui sont abonnés à la newsletter, ce n’est pas une révélation. Pour vous autres, oui, je sors un nouveau livre. Un deuxième cette année, alors que le 4ème roman est en cours d’écriture ? Eh bien oui. Comme je l’explique en avant-propos, ce sont pour la plupart, des écrits qui devaient, à la base, être intégrés dans mes trois précédents romans. Certains autres sont de vieux écrits, d’anciennes idées retravaillé.e.s. Toutes ces compositions sont taillées dans le brut, dans l’élan d’inspiration. Vous pouvez décrypter rapidement la première strophe de L’enfant veilleur sur la bannière Facebook. Quelques phrases sont affichées de-ci delà sur les réseaux. N’hésitez pas à venir sur la boutique pour en découvrir davantage, comme les illustrations par exemple. J’ai également mis en route des goodies en carterie. Cela peut vous permettre d’avoir un aperçu de mon travail sans forcément avoir à acheter le recueil.

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Légendes urbaines 8/9

p 107 :  les bonnets rouges

RUADH BONAID

« Cha’n’eil teagamh ann : leurs bonnets ! s’exclame-t-il.
Comme si cela était évident au point
que ma question soit absurde !
Se rappelle-t-il que je ne suis pas de ce monde ? »
#PDLL

On ne trouve que très peu d’informations sur ces lutins des landes, souvent confondus avec les farfadets. Très proches des pixies de par leurs habitats naturels, ils sont pourtant d’aspect plus bourrus et ont des mœurs plus guerrières que festives.
J’en ai fait une bonne description dans Perdue Dans Les Landes (une des deux légendes les plus approfondies dans mon histoire), alors je n’ai plus grand chose à vous expliquer ici. Je vais donc détailler les points survolés, puisque Moyra s’endormait durant cette partie du récit.

Les bonnets rouges s’apparentent au Powrie, au Dunter ou au Redcap. Seulement le Ruadh Bonaid vit dans les landes écossaises, dans les ruines de vieilles demeures en pierres, tels les manoirs, châteaux ou églises. Qualifié de créature mythologique naine malveillante, il est réputé pour son appétence pour la bagarre sanguinaire et ses vêtements sanguinolents. Le Bonnet rouge s’en prend aux voyageurs impétueux qui s’aventurent trop près de leurs « terres » (sous-entendu territoire par défaut). Les amoureux transit (comme Angus et Molly, du récit de Kyllian, que vous trouverez non sans-mal, dans les rares résultats pour une recherche de « bonnet rouge », issus du livre La grande encyclopédie des lutins, aux éditions Hoëbeke), les voyageurs épuisés (comme Kyllian et Moyra), les paysans à la recherche de leurs bêtes, et autres humains égarés, sont donc des proies faciles pour ces highlanders robustes, aux muscles saillants et aux dents acérées. Ils ne mangent pas les humains. Ils les abhorrent, voilà pourquoi ils massacrent ceux qui les dérangent et colorent leurs bonnets du sang frais de leurs victimes, en guise de trophée, mais aussi d’avertissement pour les suivants. La légende raconte que si la teinture sanguine sèche, ces créatures misanthropes* peuvent mourir. *Misanthropes au point de festoyer à chaque évènement douloureux qui entoure les humains.

Mais l’Ecosse, du fait de sa topologie accidentée, est vaste et peu peuplée, alors ses habitants ont appris à vivre de façon à ne pas déranger leurs créatures mythiques. Il est dit que, après la bataille de Culloden, les Ruadh Bonaid, de plus en plus aigris par la présence humaine avec l’occupation officielle des anglais incrédules, s’en sont allés vers d’autres terres, plus agréables à vivre, peut-être en Islande, ou bien en Suisse. Cependant, quelques rares d’entre eux, des irréductibles bonnets erreraient le soir venu, sortant de leurs tanières enfouies, pour survivre et s’amuser, en rafraîchissant la couleur de leurs beaux habits rapiécés.

Ruadh bonaid et sa claymore

illustration de C. & R. Sabatier

Si certains d’entre vous sont fans de la série (télévisée et/ou littéraire) le chardon et le tartan, et décident de marcher sur le champs de bataille de Culloden dans le but de se rapprocher du fameux James Malcolm Alexander MacKenzie Fraser ; je dois vous prévenir que ce que les Ruadh Bonaid detestent encore plus que les humains lambda, ce sont les touristes insolent et irrespectueux. Ces lutins se plaisent à fréquenter les lieux hantés. Alors prenez garde à vos ussies et selfies ! Vous pouvez rire quand je parle de fantôme… mais sachez que même les non-croyants, quand ils marchent sur ces terres marécageuses, ressentent des picotements troublants et le malaise environnant. Si les stèles commémoratives vous font malheureusement oublier la pesanteur du lieu, le chemin du retour est au summum du dérangeant pour les plus sensibles d’entre nous, que le ciel pleuve ou brille.

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Le saviez-vous 4/6

Juliette Nicolas

Elle est normande
Elle est bienveillante
Elle est talentueuse

Mais qui est donc cette fameuse Juliette Nicolas dont Mary nous parle si souvent sur ce blog ? (rires). Commençons par la Génèse : « Au commencement Dieu créa les cieux et la Terre. Et la Terre était sans forme, et vide… » non, je plaisante !

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Photographie by Alexandre Breton.

Comme vous le savez (enfin, si vous suivez régulièrement ce blog), avant de me consacrer pleinement à l’écriture, j’ai travaillé au sein de l’entreprise Le Comptoir Irlandais, dans une des enseignes Nord-Ouest. Là-bas, j’ai rencontré des tas de personnes admirables, aussi bien des collègues que des clients. Cliente devenue collègue : Daiisy Woods. C’est là que j’ai découvert son travail photographique et sa Burtonattitude. Nous sommes devenues amies. Quel est le rapport avec Juliette ? J’y viens. Une fois mon 1er roman achevé, je l’ai offert à Daiisy pour qu’elle le lise. J’aime à croire que c’est ce qui l’a motivé à enfin écrire le sien. Bref. Quand la question de l’auto-édition s’est posée, j’avais LA photographe qui comprenait mon style graphique, mais je recherchais LA jeune femme rousse idéale pour ma couverture. Daiisy m’a alors parlé de cette cliente avec qui elle s’entendait particulièrement bien. Seulement, entre temps, j’avais trouvé la dynamique Lorrie. Avec le temps, j’ai fini par rencontrer cette fameuse cliente. Une jeune femme rousse, cultivée et bienveillante. Mais le temps a passé et je ne lui avais jamais vraiment adressé la parole, sauf pour la conseiller sur les produits de l’enseigne. Je l’ai retrouvée, peu de temps après mon départ du magasin, sur les réseaux sociaux, dans les commentaires d’une page que nous suivions toutes deux, et là les liens se sont resserrés. Tout comme Daiisy (et tant d’autres), ma cliente est devenue mon amie. Il s’est avéré que Juliette avait des goûts très similaires aux miens et nous nous sommes très vite entendues. Nous commençons même, toutes trois, à monter une association 1901, dont je vous parlerai plus tard. Comme le dirait la femme du Doctor « C’est pas l’heure ! »

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Juliette Nicolas est une artiste à part entière, et elle est pluridisciplinaire ! Chamane, romancière, rédactrice, nouvelliste, illustratrice… Ses études à peine finies, elle se lance  dans le projet d’ouvrir sa propre maison d’édition ! Son texte « Au seuil de l’invisible » m’a tellement touchée (hormis le fait que ça se déroule à 3Km du bothy de Peigi et Moyra) que je l’ai inclus à la fin de mon roman. Lors de sa soirée de lancement, vous avez pu admirer quelques unes des œuvres de Juliette. Elle se tenait près de ses illustrations, mais vous avez pu découvrir quelques poèmes de son cru, accrochés sur les murs de La Laiterie, pour accompagner les photographies d’Alexandre Breton. En ce moment, elle travaille sur les illustrations de son recueil de poésies qui ne devrait plus tarder à paraître. « Le Chemin de feu » sera embelli par du dotwork réalisé par Juliette en personne ! N’hésitez pas à suivre son travail sur le compte Instagram des Éditions du Sidh.


chamanic petroglyph in dotwork by Juliette Nicolas

 

Pour ceux qui souhaitent la rencontrer, je peux d’ores et déjà vous confirmer sa présence le week-end du 22 février 2020, à mes côtés, sur notre stand à Normannia ; mais aussi le dimanche 12 avril 2020, au salon du livre de Turretot.

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Le saviez-vous 3/6

Le Vlog… c’est toute une histoire !

Mais c’est quoi un Vlog ?
C’est un bLOG en Vidéo 😉

Je ne connaissais pas le concept avant que Daiisy Woods m’en parle. Il faut dire que, pour une personne qui maîtrise l’outil informatique, je ne prends pas le temps de me renseigner des dernières tendances sociales (rires). À son premier voyage en solitaire, elle avait fait plusieurs minis films de 1 à 2 secondes et assemblé le tout sur une musique dynamique. J’ai adoré le style ! J’ai pris la décision d’en créer un moi-aussi, mais seulement quand j’aurais eu un sujet intéressant ; et à force d’entendre des questions sur ma vie de romancière, j’ai fini par choisir le dit sujet. On peut donc suivre mon aventure sur « Je suis PERDUE (quelque part) DANS LES LANDES« , du voyage qui créa l’idée, jusqu’aux premiers exemplaires reçus, en passant par mes escapades normandes lors de différents salons du livre pour la promotion du diptyque Les Enfants de la Lune.

Quand j’ai pris l’avion en avril 2018, je n’avais alors dans mon sac qu’une tablette et un stylo, dans le but de travailler le soir après les randonnées. Autant dire que je frôlais le syndrome de la page blanche, alors que mon tome 2 était encore loin d’être achevé. Je savais que je voulais parler de ma vie de romancière. J’avais également décidé d’être plus engagée dans mes écrits. J’avais besoin d’un roman plus réaliste, pour que le rêve soit plus troublant. Pour palier mon blocage littéraire, j’ai décidé de me consacrer uniquement à l’inspiration, sans créer de réel projet. Plusieurs jets d’une même idée sont sortis de mon stylo. Je les recopiai le soir avant de m’endormir. Je tenais quelque chose et cela m’a remis le pied à l’étrier (pour ne pas dire la plume à l’encrier). Quand je suis rentrée deux semaines plus tard, j’avais ce qu’il me manquait pour terminer le Son du Silence. Deux mois après, j’écrivais les premières phrases de #PDLL, sur une chute de papier, au coffee shop du coin.


Dans « Perdue dans les landes », vous pouvez lire des mots tels que « Victoria street », « les deux affogati », « Purple Velvet cake », « le bothy », « quelques cerfs à découvert », « la Minch, entre Skye et les terres MacKenzie », « nom d’un Nessie », « la librairie »… Saurez-vous retrouvez les prises de vue qui s’y rattachent ?

Pour les petites anecdotes :

  • Sachez que le passage ultra féministe de la canicule au bord du Loch n’était absolument pas prévu, pas avant ce « 25 juillet… 41°C » où il s’est imposé de lui-même,
  • Les livres qui s’empilent, à la fin du Vlog, ne sont que la moitié de ceux qui m’ont servi pour les recherches de fond. La pile menaçait de s’écrouler !
  • Le pub irlandais où j’ai retrouvé deux de mes bêta lectrices, est en fait celui où Aliénor boit sa pinte de bière brune en écoutant Whistle et bodhràn pour son 19ème anniversaire.

Dans ce Vlog, vous pouvez également voir les visages d’auteurs normands, comme Daphné Guillemette, Mélissa Laura, Michel Bouvot, Julys Thild, Sarah Slama et bien entendu : Juliette Nicolas (autrice de « Au seuil de l’invisible », la nouvelle présente à la fin de « Perdue dans les landes »).

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Et l’heureuse gagnante est…

Il y a un peu plus d’un an, j’étais au salon du livre de Bretteville-sur-Ay (50). Là-bas j’ai rencontré Julys Thild, une très jeune autrice normande. Nous avions des goûts similaires, alors je lui ai acheté un de ses romans. Dès lors, il est venu se glisser dans ma PAL*. Celle-ci, avec mon emploi du temps « ministrOUS » a peiné à diminuer.
Halloween approchant et la minuscule période de pause s’insinuant, j’ai décidé de prendre un court bouquin sur le thème des fantômes…
Vous avez pu, ces derniers temps, voir sur mon compte instagram des clichés d’un livre… C’était lui !

 

J’avoue avoir eu un peu de mal avec les deux premiers chapitres. JE me disais « Mince… la gamine est sacrément superficielle… je ne vais pas accrocher ! » Mais, sachant que l’autrice a écrit cette histoire à l’âge de 14 ans, j’ai voulu lui laisser une chance. HEUREUSEMENT ! Puisqu’à ma belle surprise, la protagoniste évolue au fil des chapitres, elle mûrit avec les évènements. Finalement, j’ai adoré et vous le recommande.

Alors, quand j’ai vu que Julys Thild organisait un concours de fan-fiction pour Halloween, j’ai sauté sur l’occasion pour la remercier de cette agréable lecture. Le principe était « simple » l’exercice, moins.
Il fallait écrire une nouvelle entre 1 500 et 7 000 signes (faire si court, je n’ai plus l’habitude !). La contrainte était d’utiliser un des personnages des romans de Julys ET de créer une histoire sombre pour la thématique « 31 octobre » (le plus difficile n’étant pas de choisir LE héro 😉 ).
* Pile À Lire

Si vous avez ce roman dans votre PAL, vous risquez d’être spoilé. Alors ne dites pas que je ne vous ai pas prévenu (rires).
Donc, vous l’aurez deviné, de par le titre, j’ai remporté le concours et j’en suis vraiment ravie.

Défi accepté, défi relevé, défi réussi

Si vous avez 10 minutes devant vous, voici donc, ma fan-fiction :

« Déchunes, déchue »

Cette nuit était véritablement longue. Je ne m’en remets toujours pas. Alors que j’ai eu un mal de chien à trouver le sommeil, je fût réveillée par un son lourd et lointain. Quelque chose de dérangeant. Quelque chose de malsain. Comme un écho provenant d’une vie antérieure. Vous pouvez bien vous moquer. « Une vie antérieure, il n’y a qu’une adolescente qui pourrait parler de ce genre de choses avec autant d’assurance ! » Soit. Je ne suis pas bien vieille. Mais n’allez pas croire que je ne sais pas de quoi je parle, ni même que j’aime affabuler dans le but de me rendre intéressante. J’ai, certes, eu une période de ma vie où l’on aurait pu me catégoriser de jeune femme superficielle, mais cette époque est révolue. J’ai connu des évènements troublants, des passages à vide, des lubies insensées… Mais surtout, j’ai connu le deuil. Avec ce genre d’expérience, on ne peut plus être qu’un reflet de l’enfant perturbateur, que l’on aurait pu être auparavant. Avis aux mauvaises langues : ce n’est pas mon doudou perdu, ni l’absence d’un parent jamais connu dont j’aurais appris le décès, qui ont bouleversé mon petit cœur de pantin. Alors que je venais à peine d’arriver dans ce village infernal, j’ai connu le pire : la solitude du corps et de l’âme. En plus de cela, j’ai assisté au meurtre de mon père. Meurtre. Oui, ce mot est horrible. Personne n’a rien pu faire. Mais ce n’est pas le pire. Le pire c’est que l’affaire fut classée en simple accident technique. L’avion dans lequel il volait n’avait pas, selon les experts, été correctement checké avant le décollage. Jamais mon père, ni même son ami, n’aurait commis une telle erreur ! Ils n’étaient pas des débutants. Comment puis-je en être convaincue ? Tout simplement parce que je savais qu’ils n’atterriraient pas comme il le faut. On m’avait prévenue. ON ? Oui. J’en reviens à cette nuit. J’ai, il y a peu, été en contact avec des forces surnaturelles qui ont attenté à ma vie. Comme j’étais bien entourée et toujours sur mes gardes, les fantômes de ce village maudit s’en sont pris aux gens que j’aime. Là était leur véritable force. Ils se nourrissaient de nos désespoirs, de nos hantises. Mais celui qui dirigeait ces forces chthoniennes n’était autre que le Diable… en personne (si je puis le formuler ainsi).

Cette nuit, je revoyais papa en rêve. Il me souriait. Il était beau. Il était jeune ! Bien trop jeune, avant de partir pour l’aérodrome. Je lui adressais un salut timide de la main. Le genre de coucou que l’on fait quand on voudrait être ailleurs, mais dont on cache l’empressement. J’étais à la fois apaisée par cette dernière vision de mon père, à la fois contrariée par ce geste de la main. Je pense que la colère est montée en moi si intensément que j’en ai dérangé le Mal suprême. Si ce n’est pas lui, qui d’autre ? À peine avais-je pris conscience des picotements de détresse se propageant dans toute ma colonne que le son commença. Je ne le distinguai pas vraiment, au début. Je le présentais. Mais plus mon malêtre s’installait, plus l’impression s’insinuait. Plus ce flux s’étendait et plus la vague se matérialisait. Je dormais toujours, mais j’avais conscience que mon corps luttait. Il luttait contre la réminiscence du pouvoir banni. Alors, s’est élevé de nul part ce rire rauque et grinçant. Il aurait pu sortir tout droit d’un film d’horreur, qu’il en aurait collé des insomnies au plus téméraire de votre entourage ! Mais même le plus sceptique des hommes n’aurait pu rester de marbre aux notes mécaniques qui finirent par l’accompagner. Chacun de mes muscles se bandait sous la terreur. Les pores de ma peaux se resserrèrent en moins de temps qu’il ne le faut pour le dire.

Mon cuir chevelu commençait à picoter quand, à l’étage inférieur, sur la nouvelle acquisition de ma mère pour les cours de ma petite sœur, les notes tapèrent sur ma corde sensible. Alice aime la musique, mais si elle avait entendu le riff que j’ai moi-même perçu, jamais plus elle n’aurait touché à ce maudit clavier ! Le râle machiavélique dissonait parfaitement avec cette mélodie funeste. Alors, la vision de mon père souriant se mua en lugubre portrait. Ses lèvres se décharnèrent, laissant entrevoir des dents noircies par le feu. Ses cheveux s’embrasèrent et ses globes oculaires fondèrent en quelques secondes à peine. Moi, je suffoquais. Je ne pouvais plus aspirer suffisamment d’air pour reprendre le contrôle des mes émotions. Les quelques rares bouffées que mes poumons dévorèrent, furent asphyxiées par le souvenir de la fumée dégagée lors du crash. C’est alors que le rire explosa et le sifflement qui suivit n’était pas aigu. Il était sombre, glauque, caverneux… Je ne sais pas comment le décrire, mais il n’était humainement pas connu. J’avais dans mes rêves, dans mon lit, dans ma cage thoracique et dans mon salon la présence de l’être le plus vile que la création puisse compter. Je me réveilla en sursaut. Le cauchemar était enfin fini ! Mais la réalité allait reprendre le dessus.

J’eus à peine le temps de reprendre mon souffle que les notes de piano résonnèrent de plus belle. Le rire émanait à présent des murs. Pour couronner le tout, des clochettes carillonnèrent conjointement avec un tapement régulier dans l’escalier, qui approchait à grand pas cadencés. Mon cœur s’emballa. Mes larmes coulèrent. Des fourmis avaient envahit mes muscles mal irrigués. Je me suis rendue compte que je ne respirai plus. J’ai donc essayé de me remettre en marche. Seulement, tétanisée par la vision macabre de mon père en lambeau de feu, je n’arrivais pas à me rappeler comment faire. Rien que le fait de forcer mes organes à s’irriguer me déchirait de l’intérieur. Je mourais à petit feu, sans mauvais jeu de maux. Le tapement se rapprocha, le parquet grinça, la poignée de porte s’actionna…

Je restai haletante face au néant de l’embrasure. Le couloir était noir, pas une seule lumière ne perçait. Quelle heure était-il ? Que me réservait le suspens mortifère ? Qu’allait-on me faire ? Qui me tomberait dessus ? Qui, ou quoi ? Après ce qu’il me sembla être une éternité, je pris mon courage à « deux pieds » que je posai conjointement sur le parquet branlant de la vieille bâtisse. Mécaniquelent, j’emboitais un pas derrière l’autre. Je m’arrêtai au coin de mon armoire. Dans un même élan de folie, je bloquai mon souffle et empoignai le bouton doré, et tirai violemment. Rien. Le couloir semblait désert. Sur mes garde, j’allai actionner l’interrupteur en haut des marches sur ma gauche, priant pour que rien ne vienne s’agripper à mon poignet. Quand la lumière fût, mon angoisse à son paroxysme, je discernais parfaitement les contours de mon hallucination auditive. Il n’y avait effectivement rien. Rien d’autre que moi et mes cauchemars, depuis la mort de mon père. Rien d’autre que de terribles nuits, depuis que Ryan m’a quitté pour vivre, comble de ma vie, à Paris. Rien d’autre depuis que le calme est revenu, à Déchunes, le village fleuri d’une cambrousse qui ne fiche plus la frousse.

FIN

Par Mary b. Lucas

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