#PDLL, Batifolages

Fantastique et Historique ? ou plagiat ?

Je vous dresse le décor :

Une jeune femme en pleine crise de la trentaine plaque tout son quotidien pour vivre dans l’Himalaya. Mais depuis qu’elle y réside, sa vie est en stand by. Elle subit des cauchemars, du somnambulisme, des hallucinations auditives. Elle dort plus qu’il ne le faut. Elle frôle la dépression. Elle se remet en question. Une nuit, elle reste bloquée dans un de ses cauchemars, qui finalement se transforme en un rêve plutôt réaliste. Elle apprend les us et coutumes de cette époque rétrograde. Elle s’adapte plutôt rapidement. Elle apprend qu’en fait, son âme est piégée dans le corps d’une autre. Cette autre qui est connue pour ses multiples personnalités. Elle finit par se remettre en question. Pourquoi ne peut-elle pas se réveiller ? Pourquoi ici tout semble si réel et moins stressant ? Finalement, d’où vient-elle ? Qui est-elle ? À quelle époque appartient-elle ? C’est une histoire plutôt bicéphale, qui se conclue par des troubles de la personnalité multiple et une folle aventure.

Je vous plante un autre décor :

Une jeune femme de notre époque se retrouve projetée dans les Highlands écossaises du 18ème siècle. Elle a beau le vouloir de toutes ses forces, elle ne trouve pas le moyen de revenir à son époque. Elle s’adapte comme elle peut. Elle tombe amoureuse. Ses propos néologiques lui valent la réputation de sorcière. Elle suit la route de son destin en compagnie d’un écossais en kilt à la bonne éducation. Il cache un secret, il a l’air tourmenté.  Là vous m’arrêtez et me parlez de Outlander.(by Diana Gabaldon)

Maintenant,

Si je vous dis que la première histoire ne se passe pas en Orient, mais en Écosse. Vous me rétorquerez que c’est la même histoire que dans Outlander ? Non. Évidemment ! Continuons sur ce fil de pensée. Une histoire d’amour en Écosse, une femme qui doit fuir… Ne serait-ce pas ce film avec Mel Gibson, sur la vie de William Wallace ? Ou celui sur Robert the Bruce. Ou encore cette série avec un viking d’adoption (the last kingdom)

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Avec mon roman qui sort mercredi, et la publicité qui est faite un peu partout, je me prends souvent  le même genre de réflexion. Que je manque d’originalité (sisi, véridique). Que c’est la même histoire que dans Outlander, etc. Je tiens seulement à préciser que (pour avoir lu les romans – oui, LES – et avoir visionné les épisodes de la série) résumer l’histoire de Diana Gabaldon par « une femme, en Écosse, qui change d’époque » est vachement réducteur. Il en va de même pour mon roman qui n’a pas du tout le même fond ! Il n’a pas non plus le même enjeu que l’histoire de Claire Beauchamp Randall et James Alexander Fraser. Mes lecteurs pourront le confirmer. C’est comme si, pour résumer Alice au pays des merveilles, vous vous contentiez de dire « c’est une petite fille qui s’endort dans une barque en écoutant des histoires farfelues, racontées par un ami de la famille », parce que là je pourrais tout aussi bien comparer ce résumer à Twilight II (Bella qui s’endort sur l’épaule de Jacob, en écoutant les histoires du chef de la réserve, autour d’un feu). C’est comme si, pour résumer Anne et la maison aux pignons verts, vous disiez « une jeune personne hyperactive s’attire beaucoup d’ennuis ». Parce que cela pourrait convenir tout aussi bien à Denis la Malice ou Tom Sawyer ! Si je vous dis « Une école de sorcellerie en Grande-Bretagne, un dirigeant adorable et bienveillant, un prof de potion grognons, aux cheveux gras, et un héro qui ne s’attire que des ennuis », soyez persuadés que je ne vous parle pas de Harry Potter (J.K. Rowling) mais bien de Amandine Malabul (Jill Murphy).

Ce n’est pas parce que la forme d’une histoire vous rappelle quelque chose, que le fond est forcément identique, que ce soit en littérature, en cinématographie (Matrix & Kill Bill avec leurs scènes en slow-motion), en peinture (n’allez pas dire que Rubens aurait copié le Maître tapissier d’Anne de Bretagne pour ses 5 sens !), et même en pâtisserie ! Pourquoi un boulanger vous propose, en plus du grillé aux pommes, une tarte aux pommes ou une tarte tatin ? Cela reste « une pomme cuite, avec du beurre, du sucre et une pâte ». Je ne suis pas scandalisée, non pas pour cela, disons plutôt que je suis stupéfaite du manque d’originalité des râleurs.

Capture d’écran 2020-05-14 à 15.14.36Pour être franche, OUI :

  • l’action se déroule dans les Highlands (mais aussi à Édimbourg, Inverness, Skye Isle, le Havre, Harfleur et Charles De Gaulle Airport),
  • mon personnage principal a 30 ans (pour info, dans le tome 1 Claire n’en a que 28),
  • il y a un véritable enjeu (mais pas la bataille de Culloden, ni la guerre d’Indépendance américaine),
  • il y a changement d’époque (mais pas voyage dans le temps),
  • il est question de James Fraser à un moment (mais le ministre d’Inverness + un clin d’œil sarcastique aux fans de Netflix),
  • c’est un roman historique (mais davantage basé sur le quotidien, plutôt qu’un grand évènement),
  • Claire beauchamp traverse des pierres, parle de Kelpie et a manqué de se faire brûler pour sorcellerie (mais dans mon roman, il y a vraiment un kelpie et de la magie… mais aussi des Powries, des Brownies, des sorcières, des prémonitions, des franc-maçons…).

Donc, jugez le livre à la couverture ! Enthousiasmez-vous ! Détestez-le ! Méprisez-moi si ça vous chante ! Mais ne faites pas de rapprochement hors sujet. Vous voulez comparer le fond de mon roman avec quelques œuvres, tant qu’elles sont médiatisées ? Pas de soucis, voici matière : Fenêtre secrète (écrivain/page blanche/schizophrénie) ou encore Shutter Island (une île/schizophrénie/impasse psychologique). Mais aussi Inferno (Franc-maçons/guerre virale/symbolisme) et Le chat noir (manque de sommeil/folie/mysticisme).
Réducteur… c’est le mot 😉 et pourtant moins que « c’est en Écosse et elle voyage dans le temps ». J’en rajoute une couche avec Doctor Who, S05E07 « Le seigneur des rêves » ? Non, le message est clair (rires).

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 chronique de Nina John @femliterature (Instagram)

Dans tous les cas, je tiens à remercier toutes les critiques littéraires qui lisent mon romans ces derniers jours, d’accorder à cette histoire le temps qui lui faut. Car « Perdue dans les landes » n’est pas qu’une simple romance, il est avant tout un récit engagé et féministe, où des mois de recherches ont permis de fournir un roman complet sans être complexe.

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Chemin de Traverse

Comme vous l’aurez probablement deviné en lisant mes romans (et les pages de remerciements), je suis ce qu’on appelle communément une Geek. J’aime vivre en côtoyant l’univers de mes livres/films/séries préférés. Je reçois quelques fois des commentaires amusés, au sujet d’un clin d’œil à Dumbledore, à la répartition des maisons ou encore Duncan McLeod (pour changer de HP).

Du coup, je me posai une question : qui d’entre vous a été agréablement surpris de retrouver des mondes Fantastiques familiers dans mes romans ? Est-ce que certains aimeraient que je fasse moins d’allusions, malgré le fait que mes personnages soient des passionnées ? Par exemple, dans #PDLL, Moyra, en pleine crise identitaire, fait mention d’Alice au Pays des Merveilles, Mary Poppins, Willy Wonka, Doctor Who, etc. Elle cite Rowling comme certains citeraient Cicéron, au grand désarroi de Kyllian… Aviez-vous remarqué tout cela ?

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Finalement, ce billet sera pour ceux qui apprécient cet humour littéraire décalé. Je fais partie d’une page Facebook qui pourrait vous plaire. On y trouve pleins de Potterheads. Certains même artistes créateurs. J’aime partager les travaux d’artistes, vous le savez. Cependant, je fais une « exception » ici pour parler d’un groupe d’échanges entre fans. Avec une bonne ambiance. Si cette publication pouvait aider une communauté à se retrouver, ce serait chouette (sans vilain jeu de mots). Il vous suffit de cliquer sur l’image et de prononcer à voix haute et de façon claire, précise : « chemin de Traverse », pour y arriver instantanément. Ne vous perdez pas en chemin !

À très vite,
Mary.

PS : en tant que bonne Potterhead (position féministe/politique mise de côté), vous m’y trouverez sous le pseudonyme de Bathilda Kowalski.

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Légendes urbaines 6/9

p 9-214 : les Brownies.

BROWNIES

Robert Louis Stevenson disait :
 » Imaginez que ce petit fil de mémoire que nous traînons derrière
nous se rompe au ras de notre poche : à quelle vacuité,
à quelle nullité nous serions réduits. »

extrait de « Je suis PERDUE (quelque part) DANS LES LANDES » :
« Tel un envol spectaculaire, arpentez ce monde créé par quelques Brownies ! Ces êtres immortels, bourreaux de travail. Ces esprits qui dévorent les rêves comme un sanglier se frotte à l’ajonc…
Vous êtes vous déjà demandé pourquoi les plus grands écrivains, les plus populaires musiciens, les plus profonds mystères de notre ère sont issus d’Irlande et d’Écosse ? Voici le secret… dans ces territoires reculés, vit simplement un peuple discret et lettré, non pas de muses mais de farfadets qui traduisent nos songes en récits. Ces Brownies les subliment, puis nous laissent récolter notre part de bénéfices. Pour eux, seul compte le fait que nous nous plaisions dans nos chaumières, sur leurs hautes terres. »

Aussi appelés Brunie, Brùnaidh, Boggarts, Bucca, Bwiocd, Bogies ; les Brownies ne sont pas de petits gâteaux nord-Américains, carrés, hypercaloriques, au beurre et chocolat, agrémentés de noix de pécan et de pépites fondantes. Ils ne sont évidemment pas bien grands, puisqu’ils mesurent en moyenne, la taille de ce gâteau avant d’être divisé, soit une bonne vingtaine de centimètres. On les retrouve principalement en Écosse et dans les Orcades, mais aussi au pays de Galles et le Nothumberland.

Ces êtres sont classés dans la grande famille des lutins (qui regroupent, entre autres, quelques Silènes, Mauriacs, Mourioches, Farfadets, Robin Goodfellow, Erdluitles, Koboldes, Lurikeens,  Bonnets rouges et Domovoï…). Ils sont souvent décrits comme de bienfaiteurs petits êtres bruns vêtus de guenilles, d’environs 30 à 80 cm, dont le but est de venir en aide aux habitants de leurs contrées. Ce qui revient souvent est leur appétence pour les bibliothèques et l’odeur des vieux papiers et anciens objets. Ils vivent principalement dans les greniers et les murs creux. Il est dit que leur but était de venir en aide aux êtres humains, en faisant leurs tâches ingrates ou à résoudre les problèmes durant la nuit. Les Brownies ne se montrent pas, ce sont des familiers timides qui ne sortent qu’en cachette. La seule chose que ces elfes demandent en rétribution, c’est de pouvoir loger chez eux et d’être nourris. Voilà pourquoi, certaines maisons ont une pierre sur leurs pas. Il est de tradition d’y verser de la bière, du scotch, quelques oignons crus, un peu de crème ou d’y déposer du pain noir.

Leur dessein, vous l’aurez compris, est d’enrichir leurs terres de toutes les façons possibles, aussi bien en culture du sol qu’en culture de nos esprits. Ils vont jusqu’à écouter les écrivains dormir et récolter leurs grommelages nocturnes, afin de les traduire en récits prometteurs. Mais, si d’aventure les hommes interagissent à l’encontre de leur bon vouloir, il leur arrive de devenir colériques, bruyants et malfaisants, à l’image des esprits frappeurs. Mais si l’Homme respecte le travail assidus du Brownie en allant dans son sens, nulle raison de le craindre. Cependant, vous vous en doutez un peu, avec l’évolution et la suffisance hautaine dont nous pouvons faire preuve, nous autres humains n’avons plus vue en eux que des petites créatures viles et empêcheur de « polluer en rond ». C’est pourquoi, seuls les humbles poètes, les doux rêveurs et les plus nostalgiques prêtent encore attention aux signes de leurs présences bénéfiques.

Si nous cherchons bien, il est possible d’en retrouver quelques uns dans la Littérature ancienne et moderne, comme « Les Elfes de maison » de Harry Potter, ou dans les écrits de R.L. Stevenson (l’auteur de l’île aux pirates ou l’étrange cas du Dr Jekyll et Mr Hyde).

Je vous laisse avec cet extrait de :

Un chapitre sur les rêves, Robert-Louis Stevenson, 1887
(publié en 1888)

« Je ne puis que donner un exemple ou deux de la besogne qui est accomplie pendant le sommeil et de celle qui est accomplie à l’état de veille, et laisser le lecteur partager à sa guise les lauriers, s’il en est, entre moi et mes collaborateurs ; et pour ce faire, je prendrai d’abord un livre qu’un certain nombre de lecteurs ont eu la politesse de lire. L’Etrange cas du docteur Jekyll et de M. Hyde. Je m’étais longtemps efforcé d’écrire une histoire sur ce sujet, de trouver un corps, un véhicule pour ce puissant sentiment de la dualité humaine qui, par instants, assaille et terrasse fatalement l’esprit de toute créature pensante. J’en avais même écrit une, Le Compagnon de voyage, qui me fut retournée par un rédacteur en chef comme étant une oeuvre de génie, mais indécente, et que j’ai brûlée l’autre jour parce que ce n’était pas une oeuvre de génie et que Jekyll l’avait supplantée. C’est alors que survint l’une de ces fluctuations financières auxquelles (avec une élégante modestie) j’ai fait allusion jusqu’ici à la troisième personne. Pendant deux jours je me torturai la cervelle pour trouver une intrigue quelconque ; et la seconde nuit, je rêvai la scène de la fenêtre, ainsi qu’une scène qui fut divisée plus tard en deux, dans laquelle Hyde, poursuivi pour quelque crime, prenait la poudre médicinale et subissait sa transformation en présence de ses poursuivants. Tout le reste a été composé à l’état de veille et consciemment, bien que je crois pouvoir y reconnaître pour une grande part la manière de mes brownies. La signification de l’histoire, par conséquent, est mienne, elle avait longtemps préexisté, d’ailleurs dans mon jardin d’Adonis, essayant en vain d’un corps, puis d’un autre. En fait, c’est moi qui me charge du plus clair de la morale, hélas, car mes brownies n’ont pas le moindre rudiment de ce que nous appelons une conscience. L’environnement, aussi, est mien, ainsi que les personnages. Tout ce qui me fut donné, c’est la matière de trois scènes et l’idée centrale d’un changement volontaire devenu involontaire. Va-t-on trouver que je manque de générosité si, après avoir encensé libéralement mes collaborateurs invisibles, je les jette, ici, pieds et poings liés, dans l’arène des critiques ? Car l’affaire des poudres, que tant d’entre eux ont blâmée, n’est nullement mienne, je suis heureux de le dire, mais appartient aux brownies. »

Trad. de Traduction de Pierre Leyris, Mercure de France, 1975

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ill. C&R Sabatier

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photo de la couverture
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Interview intimiste

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C’est assise à mon bureau, dans ma bibliothèque, que je déguste ma 5ème tasse de thé sur le best of des Cranberries ; entourée de montagnes de livres, de manuscrits, de feuilles volantes et de factures en attente ; tout en répondant aux questions de :
Angéline Be.

Cette autrice de talent, spécialisée dans la New Romance, tient également une page facebook dédiée au « lien d’auteurs-lecteurs de romance en tous genres ».
C’est donc Angéline l’investigatrice/lectrice qui me fait l’honneur de me questionner chez moi, sur ma vie d’autrice et mes romans, mais cette fois-ci, d’une façon plus intime.

Intrigué.e.s ?
(accordez-vous 10min de pause avec une bonne infusion de votre plante préférée. Pour ma part, c’est thé noir et bouton de rose) :

 

 

A. Bonjour, pour commencer présente toi :
M. Bonjour, je m’appelle Mary, j’ai 30 ans, je mesure 1m73, je suis brune et pulpeuse (rires). J
e suppose que c’est pas la présentation que tu veux. Je suis autrice féministe, normande, tantôt rêveuse, tantôt caustique. Cette présentation me résume très bien, ainsi que mes écrits.

A. Très bien, demain journée de la femme.. un message…
M. Mais oui : NE LÂCHONS RIEN ! En tant qu’êtres humains, nous en avons la preuve chaque jour, nos droits sont sans cesse remis en cause, révisés, abaissés, négociés… En tant que femmes, il faut déjà faire ouvrir les yeux sur des « évidences » déconcertantes, afin de pouvoir être considérées uniquement comme humains, avant d’être genrées. Rien n’est acquis, rien ne devrait être subis. Assumons nos choix, nos envies : osons vivre ! Et si je peux pousser… disons plutôt « la journée des droits de la femme »… ça évitera les bouquets de roses et les grille-pain en cadeaux (rire sarcastique).

A. Ah bon y en a qui ont ça… en tout cas c’est pas mon cas. Et toi ?
M.
Non, sinon, il y en a un qui passera un super quart d’heure à regretter ce geste de clémence (rires). Mais oui, y a qu’à voir les belles promos « spéciales journée de la femme », où ils refourguent leurs trop plein de stocks « St Valentin » et « Fête des grand-mères » : 1 lisseur acheté = 1 aspirateur offert !

A. Est-ce qu’une « action, cause » te touche plus que les autres ?
M. Y en a beaucoup trop… je suis hypersensible. Tant qu’il y a inégalité, je suis touchée, je suis meurtrie. La misère, la famine, la déforestation, le féminisme (bref, beaucoup de causes)… Je ne peux plus regarder les informations sans pleurer ou faire une crise d’angoisse… Je me sens impuissante, c’est épuisant. Alors je sème des graines d’idées partout où je vais, dans l’espoir qu’un jour elles auront germées dans l’esprit de personnes qui, elles, pourront un jour changer le monde à leurs façons.

A. Retournons à notre thème principal les livres. Tes livres. Tout d’abord depuis combien de temps écris-tu ?
M. O
uch… Attend un peu que je réfléchisse ! Je dessinais énormément petite. Je voulais devenir « artiste », mais on m’a soufflé que ce n’était pas un métier. Alors j’ai dit que je voulais devenir dessinatrice (visiblement je ne dessinais pas assez bien). Alors j’ai commencé à écrire mes histoires pour légender mes illustrations. Puis en grandissant je « prosais ». J’ai noircie des tas de feuilles, toutes rangées dans mes classeurs Harry Potter. J’ai monté mon premier groupe de rock, où j’écrivais les paroles de chansons que nous n’avons jamais composées, trop occupés à reprendre les classiques. Et de fils en aiguilles, j’ai commencé à rédiger des nouvelles « coups de gueules politiques ». Mais écrire dans le but de partager, j’ai dû vraiment commencer vers 18 ans, à la fac, après une jolie dépression où je me suis aperçu que rien ne me faisait envie… sauf écrire. C’est devenu mon exutoire.

A. Quel chemin ! Et niveau lecture, grande lectrice ?
M. Je ne me trouve pas suffisamment assidue pour me catégoriser de grande lectrice, j’ai souvent des passages à vide (heureusement j’ai l’excuse de l’écriture). Mais tous mes beaux-frères et amis qui m’ont aidé à déménager (3 fois en tout) m’ont dit qu’il fallait que j’arrête de lire, car ils n’en peuvent plus de tous ces cartons. Mon Mari est menuisier. Il m’a construit la bibliothèque de mes rêves (celle de la Belle & la Bête). Elle fait trois murs et est remplie. Pourtant j’ai revendu pas mal de volumes. Donc oui, pour eux je suis une grande lectrice. Mais j’ai une PAL* de 90cm… Faut que je m’y remette, j’ai pris du retard, et c’est bientôt la rentrée littéraire !
*Pile A Lire

A. Quel genre lis-tu ?
M.
J’adore la littérature Jeune Adulte et jeunesse (surtout ceux aux aspects fantastique/fantasy), mais j’ai beaucoup de polars et de grand classiques aussi. Ce sont les essais et encyclopédies psycho, herbologie,et parapsy que je possède en plus grande quantité.

A. OK, donc tu es éclectique dans tes lectures. As-tu deux livres que tu conseillerais ?
M. Pour rester dans l’éclectique… (sans tomber dans les évidences types Harry Potter ou Orgueil&préjugés) :
1) Maintenant qu’il fait tout le temps nuit sur toi _ Mathias Malzieu.
C’est le genre de lecture qui vous rend léger, malgré une thématique sombre. On évolue avec le personnage : d’abord on espère, puis on souffre, on s’envole et enfin on continue de vivre, avec les bons souvenirs.
2) La métaphysique des tubes _ Amélie Nothomb.
Ou comment rendre poétique la philosophie. J’aime beaucoup le style d’Amélie, avec toutes ces descriptions qui paraissent légères, mais qui amènent à réfléchir.

A. Et niveau romance, un livre ?
M. Romance ou New Romance ? Allez, je suis sympa : je donne les deux !
Romance : Les Hauts de Hurlevent _ Emily Brontë.
Un classique, complexe, efficace, mais juste ahurissant quand on sait que son autrice n’avait quasiment pas vu le monde au moment de l’écrire. Ce qui dévoile son intelligence !
New Romance : J’ai eu un gros coup de cœur pour Héloïse, ouille ! _ Jean Teulé.
J’avais expérimenté le style avec les cinquante nuances de Grey… mais je l’ai trouvé trop soft et nuancé… Un brin Twilight pour adulte (Je préfère largement Twilight pour le coup). Alors j’ai voulu tenter autre chose. Le problème est que j’ai tellement aimé, qu’il m’a été impossible de trouver le même genre après, donc j’ai arrêté de lire la New Romance.

A. Maintenant passons à tes écrits, parles nous en ! Combien en as-tu écrit ? Et combien de publié ?
M. J’ai écrit/fini deux romans (le diptyque Les Enfants de la Lune : La naissance d’Aliénor et le Son du Silence) qui sont auto-publiés. J’ai également deux manuels de commencés, dans le genre pratique/humour/engagé, qui avancent doucement (mais sûrement). En ce moment je suis sur l’écriture du prochain roman qui, je l’espère, sera disponible pour que mes lecteurs partent avec en vacances cet été.

A. OK, super ! Alors parle-nous de ceux qui sont sortis ? De quoi ça parle ?
M.
C’est une seule histoire en deux tomes, qui peuvent se lire indépendamment ou en suite. Travaillés comme un diptyque en peinture, avec deux scènes dont l’une lance des rappels à l’autre et vice versa. A l’écriture je ciblai un lectorat jeune adulte à partir de 14 ans… Mais il s’avère que le vocabulaire employé et certains clins d’œil étaient trop subtils pour cet âge, donc je l’ai rehaussé à partir de 16 ans. D’un autre côté, la majorité de mes lecteurs ont entre 22 et 50 ans ! lol J’ai tout de même eu des retours d’ados de 13, 16 et 17 ans qui ont tanné leurs parents pour avoir la suite. Mais les histoires d’amour, de malédiction, ça n’a pas d’âge ni de sexe. Et avec des thématiques telles que la symbologie, la musicologie et la psycho-généalogie, on touche aussi les lecteurs les plus accomplis. (une pause). Je crois que je n’ai pas vraiment répondu à la question, là… C’est donc l’histoire d’une jeune femme de 20 ans, qui se cherche encore, mais qui ne trouve pas la stabilité dont elle rêve, car elle découvre qu’elle est à l’aube d’un changement majeur dans sa vie… Aliénor, est une sorcière de mère en fille. Elle ne peux rien y changer et ceci risque de la tuer, car sa sœur en est devenu dangereuse, par avidité de pouvoir. Dans le tome 2 (Le Son du Silence), Aliénor apprend à vivre avec le secret familial, mais perd peu à peu son entourage et se retrouve seule face à la dépression. Elle décide donc de partir à la recherche de ses origines pour rompre la malédiction. Malédiction qui s’avère remonter à ses origines scandinavo-irlandaises.

A. Bien, parle-nous de tes personnages principaux ! Comment sont-ils physiquement, psychiquement ? De leurs pouvoirs sans trop en dire ?
M.
Aliénor et Gui, deux anti-héros types, que tout le monde pourrait avoir dans son entourage. Une petite rousse mal dans sa peau, habillée comme une fan de Nirvana ou The Hole, mal coiffée, angoissée chronique, caractérielle et toujours le nez dans ses bouquins. Elle a le don de contrôler le temps, rien qu’en se laissant dominer par ses émotions. Gui, immense, musclé avec un peu de ventre et beaucoup de tatouages et de piercings, offre un contraste entre son allure de viking et sa voix d’ange. Il est artiste de rue, fils de chirurgien, un brin rebelle mais 100% charmeur, cherche à se racheter pour ses erreurs du passé. C’est un homme qui pourrait faire peur aux premiers abords, mais qui, grâce à son empathie, arrive à régler les problèmes des autres en faisant une croix sur les siens. Et puis, il y a les autres : Ambrosia (la maman) et Angéline (la sœur) qui ont les mêmes problèmes de communication que nos mères/sœurs, mais accentués par la magie. Ondine (la mamie) qui dirige tout le monde par sa gentillesse gâteaux et ses principes bornés. Et la belle-famille qui t’aime tout de suite et qui, au final, s’avère surprenante et trop entreprenante.

A. Maintenant côté romance, t’as écrit ça comment ? Comment voyais-tu l’amour entre eux ?
M. Chose qui peut sembler étonnante, quand j’ai commencé le roman, je n’imaginais pas forcément une romance. J’ai laissé Aliénor rencontrer certains personnages, et c’est son caractère qui a créé les liens avec les autres. Je ne pensais pas du tout faire naître un lien aussi fort entre eux deux. Je voulais simplement en faire des alliés puissants et complémentaires. J’écris toujours sans connaître la fin de l’histoire, ça m’évite d’être déçue. Et comme ça, je vis également le récit du point de vue du lecteur. Certains points essentiels sont prévus (sinon l’histoire n’a ni queue ni tête), mais le reste évolue, et j’adore cette façon d’écrire. A un moment donné, j’ai pensé faire plus explicite dans leur relation charnelle… mais je me suis arrêtée net. J’écris tout de même pour les ados, je préfère faire fonctionner leurs imaginations (c’est plus excitant…) !

A. Puisque tu es tout public, tu es restée très légère dans la thématique amoureuse. Serais-tu plus explicite dans ton prochain ? Penses-tu en être capable ?
M.
Dans le prochain roman je serai plus explicite, oui. Tout simplement parce que mes personnages sont plus âgés, que ça se passe (en partie) à une autre époque et que j’aborde plus en détails le point de vue féministe. Je ne tomberai pas dans le trash, ni forcément dans le visuel, mais il sera question de descriptions plutôt évidentes, de par les ressentis, en restant subtile. Je fais une romance plus adulte, mais pas une New Romance. J‘avoue avoir envie d’écrire de façon plus explicite, mais on verra plus tard (rire mystérieux). Tiens, oui, pourquoi pas écrire le prochain roman New Romance que j’aurais eu envie de lire après Héloïse, Ouille !

A.  Chouette ! Donc pour finir, tes livres on peut se les procurer où ?
M.
Pour ceux de la région havraise, à la librairie indépendante Cap Culture (à l’intérieur de l’enseigne Plein Ciel, Docks Vauban). Pour la région normande, il faut surveiller ma page, je publie fréquemment mes dates de rencontres dans la région. Sinon, pour tous les autres (ou ceux qui ne peuvent pas se déplacer), il y a mon site officiel.
(Et pour ceux qui habitent Rouen, Orléans, Beaugency, Meung-sur-Loire, Ribeauvillé, ou les régions 76,45 et 68-67, faut pas hésiter à aller chez les libraires leur parler de mes romans, car vous êtes à l’honneur dans mes écrits ! Je suis facilement joignable et j’aime avoir des excuses pour voyager).

A. Merci. Et le mot de la fin pour ton lectorat et les futurs ?
M. Mangez, bougez, lisez, osez, aimez, vivez ! Carpe Diem.

 

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GOD JUL, joyeux Yuletide, cadeaux du solstice !

Plus que quelques jours avant la Noël, mais aujourd’hui est le jour de Yule. J’ai donc décidé de vous offrir ce petit présent qui, je l’espère, vous plaira !

Il y a quelques temps, j’ai participé à un concours de nouvelles, à l’occasion des 20 ans de la sortie du 1er Harry Potter. Le but était d’écrire une histoire courte au cœur de l’univers du « Laddie wha lived » (garçon qui a survécu, en gaélic). La première place a été remportée par un récit à haute teneur politique fort intéressant. Quand à ma participation, elle était à la deuxième place du podium, avec mon conte oublié de Beedle le barde, que voici :

L’elfe de maison qui avait toujours raison.
(Un conte oublié de Beedle le barde)

Dans une petite chaumière vivait une famille extraordinaire. Cette petite habitation n’avait rien de semblable aux autres maisons. Perdue dans un champs et vieille de plus de deux cents ans, ses murs blancs lui donnaient un air vivant. Face au sud stratégique, sa façade avait l’air magique. Pourtant, en dedans vivaient quatre cracmols d’origine mongole. Le père conduisait des hélicoptères. La mère était cuisinière. Le petit garçon fripon finirait certainement en prison. Quant à la petite fille, à son âge, elle ne jouait qu’aux quilles. Mais ce n’est pas cette famille, dont l’histoire je narre ici. Non, dans cette maison, vit aussi plusieurs petits êtres vivants, dociles et hilarants. Leurs grandes oreilles battent aux vents et leurs gros yeux sont aussi grands que des œufs. Pour ceux qui n’auraient pas trouvé : ce sont les elfes de maison. Vous aviez deviné ? Vous aviez donc raison.

Une maisonnée de passionnés. Tous étaient destinés à faire de petites choses raisonnées. Tous sauf un, qui ne suivait pas le même chemin. Ses rêves d’aventures ne se contentaient pas de jeter les ordures. Son envie de voir le monde, plus grande que la puissance du four à micro-ondes. Mais les règles sont formelles : point de fantaisie, le devoir est ici ! Alors chacune des longues journées finirent par, un peu plus, l’emprisonner. Drôle de petit Azkaban, cette maison aux murs blancs ; même s’il était libre de s’habiller et de jardiner comme et quand bon lui semblait, il finirait par s’évader ! Son plus gros soucis venait de sa famille. Ses frères disaient comme ses sœurs, qu’il prenait les choses trop à cœur. Qu’avoir des valeurs le rendait trop entrepreneur. Que son égo ne devait dépasser le zéro. Qu’un elfe de maison ne pouvait avoir raison. Un elfe de maison ne doit pas avoir de convictions. Un elfe de maison doit se faire une raison. Mais le petit Louison voulait tellement découvrir l’horizon.

Un jour d’automne, juste après que son réveil sonne, Louison avait prit sa décision : il cueillerait des champignons. Fusse là réellement son ambition, personne ne la remis en question. C’était la plus belle excuse que lui avait murmuré la muse. Enfoncé dans les sous-bois, il s’enfuirait de chez soi. Fini les réveils aux aurores et les tâches qu’il abhorre. Fini de lessiver les sols, les casseroles et les bols. Plus de corvées ni de fautes à se faire pardonner. Plus d’obligations, de promesses aux tisons, et de désillusions. Bonjour nouveauté, bonjour beautés ! La nature, l’aventure, la vraie magie de la véritable vie. Ce jour là, il enfila des bas, les plus chauds qu’il trouva ; son manteau de blaireau ainsi que son plus beau chapeau. Bref, des oripeaux qui ne feraient pas de vieux os face à une fée des eaux. Les premiers rayons de soleil finirent par le sortir de son sommeil. Sa marche dura très longtemps avant de voir un changement. Le décor toujours plus vert à mesure qu’il avançait, pris des nuances d’or et d’ombres violacées. Le vent soufflant de fin d’été prenait des airs de menuets et la faune fatiguée par la journée pressée, alla se coucher bien plus tôt qu’à l’accoutumée. Enfin, c’est ce que pensait Louison qui, loin de l’horloge du salon, ne voyant pas d’aiguilles bouger, n’avait aucune notion de durée. Avez-vous remarqué comme le temps semble long lorsque nous nous ennuyons, mais à quel point il s’enfuit quand nous prenons goût à la vie ? Son manque de repères temporels n’avait de sens qu’à la vue de ses grandes oreilles. Toute la journée, heureux et chantant, elles battaient le vent d’un air enjoué. C’est donc que sa décision de fuir la maison a été la meilleure qu’il ait prise depuis sa toute première brise. Mais les bois à l’heure tardive, font se coucher les belles grives. Mais les bois à l’heure plus sombre, deviennent plus denses que nos ombres.

Au bout d’un moment sans voir d’êtres vivants, Louison commença à avoir des frissons. Chaque forme devenait d’inquiétantes divinités. Chaque souvenir de ce qu’il avait pu lire, lui revînt en mémoire, à son grand désespoir. Chacune des histoires ressortait de chaque loir qu’il croisait. Toutes les histoires… du moins celles que l’on ne se raconte pas le soir. À mesure qu’il s’enfonçait dans la profonde obscurité, il sentit les trois poils de sa caboche se hérisser. Son sentiment d’insécurité grandissait à chacune des secondes écoulées. Un craquement, puis un crissement lui firent serrer les dents. Le hululement d’une chouette chevêchette et il ouvrit grandes ses mirettes. Que de sons étranges qu’il avait entendus aux dernières vendanges. Seulement, un bruit bien incertain et bien trop distinct réveilla son instinct. Une sorte de râle sonore lui resserra les pores. Jamais aucun bruit ne l’avait tant surpris. Non cela n’était pas l’étrange univers qui faisait que son ventre se serre. Le son était bien réel, bien ancré dans ses oreilles. Derrière lui, quelque chose soufflait ; l’envie lui pris de se retourner. Mais quand enfin il le fît, rien ne se produisit. Cette sordide impression hanta l’elfe de maison, qui souvent se retourna lentement. Au bout de ce qui lui paru être une trop longue marche, il s’installa sous une arche d’arbres à coquecigrue. La présence d’esprit de l’elfe érudit était telle, qu’auprès de son lit de fortune jaillit une étincelle. Un petit feu pour se réchauffer, mais surtout pour que les ombres se tiennent éloignées. À la lumière de son bûcher : point de feu follets. Il s’assoupit donc doucement, emplis d’un sommeil apaisant. Ses rêves le plongèrent au milieu de fougères, de piles de livres et de vivres. Il se voyait repus, entouré de phrases lues qui sortaient des pages telles des nuages. Quand soudain, un mot se détacha et se répéta tel un refrain. Fay. Fay, fay, fay…

Trempé de sueur il sorti de sa torpeur. Les étranges phrases du songe levèrent le voile sur le mensonge qu’il se répétait depuis la levée des étoiles. Devant lui, prêt à bondir, se dressait quelque chose de bien pire. Il avait donc encore raison notre elfe de maison ! Couvert de langes et de bandages, il eut été plus sage de croire encore à un cauchemar. Le saule qui devant lui se tenait était donc un arbre Fay. Patron des laissés pour compte, le Saule Fay raconte que notre fin est proche, si à la vie on s’accroche. Étouffés sous les lambeaux de veuves moldues, autant que nous croirions que de feuilles il en est dru ; l’arbre pesait son injuste punition par cette étrange foliation. Louison pris son courage à deux mains et passa outre la légende de son festin. On dit des arbres Fays qu’ils dévorent leurs troubles-fêtes en commençant par les pieds, se régalant de leurs têtes. L’elfe de maison qui, encore une fois, pensait avoir raison, lui proposa un marché : celui de ses branches le nettoyer. En échange de quoi, il aurait la vie sauve, et le secret des prochains fauves, la liste il aurait pour soi. Partant rejoindre la cour des anthropophages d’Obéron, il donna la liste des mages que pourrait rencontrer Louison ; qui satisfait vit son égo devenir aussi gros qu’un veau.

Après une bonne semaine, qu’il affronta non sans peines, l’elfe regrettait presque le temps où pour ses maîtres patients, il brûlait ses neuvaines. Partir à l’aventure est une activité bien fatigante pour qui n’a pas fait de préparation suffisante. La vie est faite de routiniers quotidiens, sinon comment apprécier l’inattendu sur notre chemin ? Mais la liste des contraintes étant enfin finie, Louison perdit toutes craintes de voir vaine sa première envie. Il continua donc son chemin vers le monde incertain. Après de multiples pas il découvrit une disciple de l’Envie. Beaucoup d’animaux fantastiques ont vu leurs réalités devenir caustique, mais jamais cet être mystique n’avait été vu au-delà l’Atlantique ! Jamais il n’aurait cru possible de voir chose si terrible. Au levé de cette journée, devant la brume qui disparaissait, de belles courbes naissaient. Telle une sirène, on la suit hors d’haleine ; la danseuse d’eau qui de la nature enlève le manteau. Au matin, après une nuit passée à danser, pour éviter le chagrin, on les surprend à manger l’épais brouillard qui épouse les nénuphars. Ces fées lacustres, ou Dames de brume, se frustrent à titre posthumes. Mortes avant leurs mariages, les danseuses d’eau cherchent dans les fourrages, un tendre puceau afin de l’attirer dans une danse d’éternité. Louison se souvient de quelques précieux refrains nommant ces êtres éperdus qui hantent certaines étendues. « Lorsque que la nuit d’été vous appelle vers les étangs enchantés, bouclez vos portes et fermez les volets ! »

Louison, l’elfe de maison, pensait avoir toujours raison. Jusqu’à présent personne ne le dément. Alors, aussi rusé que le renard, aussi futé qu’un Serpentard, Louison imagina un filon. Derrière son crâne noua ses grandes oreilles, pour qu’enfin il se pavane comme nul autre pareil. Son torse bombé, agitant ses mains d’une grâce volupté, enfin lui vînt ce discours enchanté :
— « Oh douce fée, me voilà tellement navré de ce qu’il vous est arrivé ! Je vous accorderais toutes les danses espérées, chaque nuit que vous renaissez, tant que la journée vous me laissez voyager. »

Seulement voilà, l’elfe pour une fois se trompa. Jamais il n’aurait du sous-estimer le mal-être d’une si grande fée. Lui qui pensait au jour pouvoir s’échapper, n’avait pas le cœur assez dévoué : ce qu’elle savait. Car depuis de nombreuses décennies, elle a vu passé plusieurs promis ; tous plus malhonnêtes les uns que les autres : des poètes, des tisserands, des apôtres… La danseuse de brume, le cœur lourd comme une enclume, son âme trop bouleversée pour se laisser berner ; a besoin pour exister de jeunesse et de gaité. Ce n’est pas par méchanceté mais par nécessité, car elle aussi a besoin de participer aux douces folies de l’été. Louison fût englouti sous les eaux, soumis dans un nouveau carcan. Il a abandonné ses travaux pour passer du bon temps. Jamais de rien il n’aurait manqué, même pas de liberté. Mais à en vouloir plus toujours, il s’est lui même jeté un mauvais tour. Adieu famille, adieu travail. L’aventure finie, il devint du bétail. Encore maintenant, à qui tend bien l’oreille, tel un revenant, son cri sort du sommeil. Un hululement démoniaque à faire pâlir l’insomniaque. Louison pleurs sa vie passé, l’aventure d’un foyer.

FIN

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