#PDLL, Rendez-vous

JEU CONCOURS – règlement

À l’occasion de la sortie de PERDUE DANS LES LANDES
aux éditions d’Avallon,*
tentez de remporter votre exemplaire dédicacé !**

Pour participer il suffit :

  1. « Liker » ma page Facebook ou Instagram,
  2. « Liker » la page Facebook ou Instagram des éditions d’Avallon,
  3. Partager publiquement la publication,
  4. Écrire « FAIT » et identifier deux ami.e.s dans les commentaires de la publication.

Du mardi 2 juin 2020 – 12h00
Au dimanche 14 juin – 23h59

 

2 exemplaires à remporter !***

 

ATTENTION :
*Les éditions d’Avallon est une Maison d’Édition associative à but non lucrative (loi 1901).
**Ne seront pris en compte que les participations ayant validé tous ces points.
Il faut avoir mis « j’aime » sur la page autrice ET la page éditeur (quel que soit le réseaux social). Si vous commencez sur Instagram, ne terminez pas sur la page Facebook. La publication Facebook doit impérativement être partagée en publique pour que je puisse la valider. Sur Instagram, un imprim’écran du post « jeu-concours » pourra être partagé publiquement sur votre story (n’oubliez pas de m’identifier pour que je puisse valider ce point). Les identifications de vos deux ami.e.s doivent être faites en commentaire sur la publication de base (et non sur votre partage) et sur un seul commentaire, accompagné du « FAIT ».
Si tous ces points ne sont pas respectés, votre participation sera comptée comme nulle et de ce fait non validée. Les participations effectuées en dehors des dates et horaires indiqués seront considérées comme nulles et de ce fait non validées.
Le tirage au sort aura lieu le lundi 15 juin, par procédé informatique aléatoire. Les résultats seront annoncés sur ma page Facebook le lundi 15 juin à 20h00. Vous serez contacté.e par message privé pour récupérer les informations obligatoires à la récupération de votre prix – à savoir votre prénom (pour la dédicace), votre nom et vos coordonnées (pour l’envoi postal).  Vos coordonnées ne seront pas diffusées. Elles ne serviront qu’à l’envoi de votre exemplaire et seront supprimées de ma base de données dès que vous en accuserez réception. Ce jeu est sans obligation d’achat. Participants de l’Union Européenne uniquement. Livre écrit en français (scot, gaélic et anglais traduits en bas de page). *** 1 exemplaire à gagner par réseau social mentionné dans le règlement. Soit deux exemplaires en tout.

 

 

Enregistrer

Par défaut
#LEDLL, #PDLL, Non classé

Concours de Yule

J’annonce ouvert le
CONCOURS DE YULETIDE

Pourquoi ce nom ?
Parce que je ferais en sorte que vous receviez votre cadeau le 21 décembre*.
(pour Yule !)

Alors… Les prix à remporter sont :

LOT #1 :
_ 1 mug « Perdue dans les Landes » ;
_ 100g d’infusion BIO « Live your Dream » ;
_ votre exemplaire dédicacé de « Perdue dans les Landes ».

LOT#2 :
_ 1 calendrier de bureau 2020, avec des citations de mes 3 romans ;
_ 1 bougie avec l’illustration de Charlie Varin ;
_ votre exemplaire dédicacé de « la naissance d’Aliénor ».

CONCOURS FINI
BRAVO A LUCIE (92) ET MARJORIE (13) !!
! GOD JUL !

COMMENT PARTICIPER ?
Chaque point respecté apporte 1 bulletin de participation
(4 bulletins maximum par personne et par lot et par réseau social).
Ne seront pris en compte que les participants qui aiment ma page Facebook (ou Insta pour ceux qui participent dessus).

  • Point n°1 :
    Il faut laisser un commentaire avec le #lot souhaité en identifiant obligatoirement 3 personnes.
  • Point n°2 :
    Partager la publication du concours en mode public.
  • Point n°3 :
    Poster publiquement une photo d’un de mes trois romans, avec votre commentaire de lecture ou votre extrait préféré. (2 photos maxi pour ce concours et par réseau social).
Les participations sont ouvertes du 5 novembre au 16 décembre 2019 inclus.
Les participations seront closes le 16 décembre 2019 à 19h.
J’annoncerai les résultats du tirage au sort, le 16 décembre à 21h30.
Le nombre maximum de bulletins cumulés au final par participant est de 12.
explications : même si vous respectez les 6 points à chaque fois, il ne faut pas oublier que la règle est de 4 points maxi par lot et par réseau social. Le filoutage n’est pas possible non plus, puisque les photos sont limitées à 2 par réseau social.

* Les éventuels retards seront indépendants de ma volonté puisque les lots seront envoyés 72 heures avant Yule !

Page Facebook

Page Instagram

Par défaut
Non classé

Et l’heureuse gagnante est…

Il y a un peu plus d’un an, j’étais au salon du livre de Bretteville-sur-Ay (50). Là-bas j’ai rencontré Julys Thild, une très jeune autrice normande. Nous avions des goûts similaires, alors je lui ai acheté un de ses romans. Dès lors, il est venu se glisser dans ma PAL*. Celle-ci, avec mon emploi du temps « ministrOUS » a peiné à diminuer.
Halloween approchant et la minuscule période de pause s’insinuant, j’ai décidé de prendre un court bouquin sur le thème des fantômes…
Vous avez pu, ces derniers temps, voir sur mon compte instagram des clichés d’un livre… C’était lui !

 

J’avoue avoir eu un peu de mal avec les deux premiers chapitres. JE me disais « Mince… la gamine est sacrément superficielle… je ne vais pas accrocher ! » Mais, sachant que l’autrice a écrit cette histoire à l’âge de 14 ans, j’ai voulu lui laisser une chance. HEUREUSEMENT ! Puisqu’à ma belle surprise, la protagoniste évolue au fil des chapitres, elle mûrit avec les évènements. Finalement, j’ai adoré et vous le recommande.

Alors, quand j’ai vu que Julys Thild organisait un concours de fan-fiction pour Halloween, j’ai sauté sur l’occasion pour la remercier de cette agréable lecture. Le principe était « simple » l’exercice, moins.
Il fallait écrire une nouvelle entre 1 500 et 7 000 signes (faire si court, je n’ai plus l’habitude !). La contrainte était d’utiliser un des personnages des romans de Julys ET de créer une histoire sombre pour la thématique « 31 octobre » (le plus difficile n’étant pas de choisir LE héro 😉 ).
* Pile À Lire

Si vous avez ce roman dans votre PAL, vous risquez d’être spoilé. Alors ne dites pas que je ne vous ai pas prévenu (rires).
Donc, vous l’aurez deviné, de par le titre, j’ai remporté le concours et j’en suis vraiment ravie.

Défi accepté, défi relevé, défi réussi

Si vous avez 10 minutes devant vous, voici donc, ma fan-fiction :

« Déchunes, déchue »

Cette nuit était véritablement longue. Je ne m’en remets toujours pas. Alors que j’ai eu un mal de chien à trouver le sommeil, je fût réveillée par un son lourd et lointain. Quelque chose de dérangeant. Quelque chose de malsain. Comme un écho provenant d’une vie antérieure. Vous pouvez bien vous moquer. « Une vie antérieure, il n’y a qu’une adolescente qui pourrait parler de ce genre de choses avec autant d’assurance ! » Soit. Je ne suis pas bien vieille. Mais n’allez pas croire que je ne sais pas de quoi je parle, ni même que j’aime affabuler dans le but de me rendre intéressante. J’ai, certes, eu une période de ma vie où l’on aurait pu me catégoriser de jeune femme superficielle, mais cette époque est révolue. J’ai connu des évènements troublants, des passages à vide, des lubies insensées… Mais surtout, j’ai connu le deuil. Avec ce genre d’expérience, on ne peut plus être qu’un reflet de l’enfant perturbateur, que l’on aurait pu être auparavant. Avis aux mauvaises langues : ce n’est pas mon doudou perdu, ni l’absence d’un parent jamais connu dont j’aurais appris le décès, qui ont bouleversé mon petit cœur de pantin. Alors que je venais à peine d’arriver dans ce village infernal, j’ai connu le pire : la solitude du corps et de l’âme. En plus de cela, j’ai assisté au meurtre de mon père. Meurtre. Oui, ce mot est horrible. Personne n’a rien pu faire. Mais ce n’est pas le pire. Le pire c’est que l’affaire fut classée en simple accident technique. L’avion dans lequel il volait n’avait pas, selon les experts, été correctement checké avant le décollage. Jamais mon père, ni même son ami, n’aurait commis une telle erreur ! Ils n’étaient pas des débutants. Comment puis-je en être convaincue ? Tout simplement parce que je savais qu’ils n’atterriraient pas comme il le faut. On m’avait prévenue. ON ? Oui. J’en reviens à cette nuit. J’ai, il y a peu, été en contact avec des forces surnaturelles qui ont attenté à ma vie. Comme j’étais bien entourée et toujours sur mes gardes, les fantômes de ce village maudit s’en sont pris aux gens que j’aime. Là était leur véritable force. Ils se nourrissaient de nos désespoirs, de nos hantises. Mais celui qui dirigeait ces forces chthoniennes n’était autre que le Diable… en personne (si je puis le formuler ainsi).

Cette nuit, je revoyais papa en rêve. Il me souriait. Il était beau. Il était jeune ! Bien trop jeune, avant de partir pour l’aérodrome. Je lui adressais un salut timide de la main. Le genre de coucou que l’on fait quand on voudrait être ailleurs, mais dont on cache l’empressement. J’étais à la fois apaisée par cette dernière vision de mon père, à la fois contrariée par ce geste de la main. Je pense que la colère est montée en moi si intensément que j’en ai dérangé le Mal suprême. Si ce n’est pas lui, qui d’autre ? À peine avais-je pris conscience des picotements de détresse se propageant dans toute ma colonne que le son commença. Je ne le distinguai pas vraiment, au début. Je le présentais. Mais plus mon malêtre s’installait, plus l’impression s’insinuait. Plus ce flux s’étendait et plus la vague se matérialisait. Je dormais toujours, mais j’avais conscience que mon corps luttait. Il luttait contre la réminiscence du pouvoir banni. Alors, s’est élevé de nul part ce rire rauque et grinçant. Il aurait pu sortir tout droit d’un film d’horreur, qu’il en aurait collé des insomnies au plus téméraire de votre entourage ! Mais même le plus sceptique des hommes n’aurait pu rester de marbre aux notes mécaniques qui finirent par l’accompagner. Chacun de mes muscles se bandait sous la terreur. Les pores de ma peaux se resserrèrent en moins de temps qu’il ne le faut pour le dire.

Mon cuir chevelu commençait à picoter quand, à l’étage inférieur, sur la nouvelle acquisition de ma mère pour les cours de ma petite sœur, les notes tapèrent sur ma corde sensible. Alice aime la musique, mais si elle avait entendu le riff que j’ai moi-même perçu, jamais plus elle n’aurait touché à ce maudit clavier ! Le râle machiavélique dissonait parfaitement avec cette mélodie funeste. Alors, la vision de mon père souriant se mua en lugubre portrait. Ses lèvres se décharnèrent, laissant entrevoir des dents noircies par le feu. Ses cheveux s’embrasèrent et ses globes oculaires fondèrent en quelques secondes à peine. Moi, je suffoquais. Je ne pouvais plus aspirer suffisamment d’air pour reprendre le contrôle des mes émotions. Les quelques rares bouffées que mes poumons dévorèrent, furent asphyxiées par le souvenir de la fumée dégagée lors du crash. C’est alors que le rire explosa et le sifflement qui suivit n’était pas aigu. Il était sombre, glauque, caverneux… Je ne sais pas comment le décrire, mais il n’était humainement pas connu. J’avais dans mes rêves, dans mon lit, dans ma cage thoracique et dans mon salon la présence de l’être le plus vile que la création puisse compter. Je me réveilla en sursaut. Le cauchemar était enfin fini ! Mais la réalité allait reprendre le dessus.

J’eus à peine le temps de reprendre mon souffle que les notes de piano résonnèrent de plus belle. Le rire émanait à présent des murs. Pour couronner le tout, des clochettes carillonnèrent conjointement avec un tapement régulier dans l’escalier, qui approchait à grand pas cadencés. Mon cœur s’emballa. Mes larmes coulèrent. Des fourmis avaient envahit mes muscles mal irrigués. Je me suis rendue compte que je ne respirai plus. J’ai donc essayé de me remettre en marche. Seulement, tétanisée par la vision macabre de mon père en lambeau de feu, je n’arrivais pas à me rappeler comment faire. Rien que le fait de forcer mes organes à s’irriguer me déchirait de l’intérieur. Je mourais à petit feu, sans mauvais jeu de maux. Le tapement se rapprocha, le parquet grinça, la poignée de porte s’actionna…

Je restai haletante face au néant de l’embrasure. Le couloir était noir, pas une seule lumière ne perçait. Quelle heure était-il ? Que me réservait le suspens mortifère ? Qu’allait-on me faire ? Qui me tomberait dessus ? Qui, ou quoi ? Après ce qu’il me sembla être une éternité, je pris mon courage à « deux pieds » que je posai conjointement sur le parquet branlant de la vieille bâtisse. Mécaniquelent, j’emboitais un pas derrière l’autre. Je m’arrêtai au coin de mon armoire. Dans un même élan de folie, je bloquai mon souffle et empoignai le bouton doré, et tirai violemment. Rien. Le couloir semblait désert. Sur mes garde, j’allai actionner l’interrupteur en haut des marches sur ma gauche, priant pour que rien ne vienne s’agripper à mon poignet. Quand la lumière fût, mon angoisse à son paroxysme, je discernais parfaitement les contours de mon hallucination auditive. Il n’y avait effectivement rien. Rien d’autre que moi et mes cauchemars, depuis la mort de mon père. Rien d’autre que de terribles nuits, depuis que Ryan m’a quitté pour vivre, comble de ma vie, à Paris. Rien d’autre depuis que le calme est revenu, à Déchunes, le village fleuri d’une cambrousse qui ne fiche plus la frousse.

FIN

Par Mary b. Lucas

Ce roman vous intéresse ? Retrouvez les sur la page Facebook de Julys Thild, ainsi que ses dates de rencontre.
Retrouvez Déchunes, Sacrifice, Capteur de rêve, ainsi que son prochain roman, ici !

Par défaut
Batifolages

GOD JUL, joyeux Yuletide, cadeaux du solstice !

Plus que quelques jours avant la Noël, mais aujourd’hui est le jour de Yule. J’ai donc décidé de vous offrir ce petit présent qui, je l’espère, vous plaira !

Il y a quelques temps, j’ai participé à un concours de nouvelles, à l’occasion des 20 ans de la sortie du 1er Harry Potter. Le but était d’écrire une histoire courte au cœur de l’univers du « Laddie wha lived » (garçon qui a survécu, en gaélic). La première place a été remportée par un récit à haute teneur politique fort intéressant. Quand à ma participation, elle était à la deuxième place du podium, avec mon conte oublié de Beedle le barde, que voici :

L’elfe de maison qui avait toujours raison.
(Un conte oublié de Beedle le barde)

Dans une petite chaumière vivait une famille extraordinaire. Cette petite habitation n’avait rien de semblable aux autres maisons. Perdue dans un champs et vieille de plus de deux cents ans, ses murs blancs lui donnaient un air vivant. Face au sud stratégique, sa façade avait l’air magique. Pourtant, en dedans vivaient quatre cracmols d’origine mongole. Le père conduisait des hélicoptères. La mère était cuisinière. Le petit garçon fripon finirait certainement en prison. Quant à la petite fille, à son âge, elle ne jouait qu’aux quilles. Mais ce n’est pas cette famille, dont l’histoire je narre ici. Non, dans cette maison, vit aussi plusieurs petits êtres vivants, dociles et hilarants. Leurs grandes oreilles battent aux vents et leurs gros yeux sont aussi grands que des œufs. Pour ceux qui n’auraient pas trouvé : ce sont les elfes de maison. Vous aviez deviné ? Vous aviez donc raison.

Une maisonnée de passionnés. Tous étaient destinés à faire de petites choses raisonnées. Tous sauf un, qui ne suivait pas le même chemin. Ses rêves d’aventures ne se contentaient pas de jeter les ordures. Son envie de voir le monde, plus grande que la puissance du four à micro-ondes. Mais les règles sont formelles : point de fantaisie, le devoir est ici ! Alors chacune des longues journées finirent par, un peu plus, l’emprisonner. Drôle de petit Azkaban, cette maison aux murs blancs ; même s’il était libre de s’habiller et de jardiner comme et quand bon lui semblait, il finirait par s’évader ! Son plus gros soucis venait de sa famille. Ses frères disaient comme ses sœurs, qu’il prenait les choses trop à cœur. Qu’avoir des valeurs le rendait trop entrepreneur. Que son égo ne devait dépasser le zéro. Qu’un elfe de maison ne pouvait avoir raison. Un elfe de maison ne doit pas avoir de convictions. Un elfe de maison doit se faire une raison. Mais le petit Louison voulait tellement découvrir l’horizon.

Un jour d’automne, juste après que son réveil sonne, Louison avait prit sa décision : il cueillerait des champignons. Fusse là réellement son ambition, personne ne la remis en question. C’était la plus belle excuse que lui avait murmuré la muse. Enfoncé dans les sous-bois, il s’enfuirait de chez soi. Fini les réveils aux aurores et les tâches qu’il abhorre. Fini de lessiver les sols, les casseroles et les bols. Plus de corvées ni de fautes à se faire pardonner. Plus d’obligations, de promesses aux tisons, et de désillusions. Bonjour nouveauté, bonjour beautés ! La nature, l’aventure, la vraie magie de la véritable vie. Ce jour là, il enfila des bas, les plus chauds qu’il trouva ; son manteau de blaireau ainsi que son plus beau chapeau. Bref, des oripeaux qui ne feraient pas de vieux os face à une fée des eaux. Les premiers rayons de soleil finirent par le sortir de son sommeil. Sa marche dura très longtemps avant de voir un changement. Le décor toujours plus vert à mesure qu’il avançait, pris des nuances d’or et d’ombres violacées. Le vent soufflant de fin d’été prenait des airs de menuets et la faune fatiguée par la journée pressée, alla se coucher bien plus tôt qu’à l’accoutumée. Enfin, c’est ce que pensait Louison qui, loin de l’horloge du salon, ne voyant pas d’aiguilles bouger, n’avait aucune notion de durée. Avez-vous remarqué comme le temps semble long lorsque nous nous ennuyons, mais à quel point il s’enfuit quand nous prenons goût à la vie ? Son manque de repères temporels n’avait de sens qu’à la vue de ses grandes oreilles. Toute la journée, heureux et chantant, elles battaient le vent d’un air enjoué. C’est donc que sa décision de fuir la maison a été la meilleure qu’il ait prise depuis sa toute première brise. Mais les bois à l’heure tardive, font se coucher les belles grives. Mais les bois à l’heure plus sombre, deviennent plus denses que nos ombres.

Au bout d’un moment sans voir d’êtres vivants, Louison commença à avoir des frissons. Chaque forme devenait d’inquiétantes divinités. Chaque souvenir de ce qu’il avait pu lire, lui revînt en mémoire, à son grand désespoir. Chacune des histoires ressortait de chaque loir qu’il croisait. Toutes les histoires… du moins celles que l’on ne se raconte pas le soir. À mesure qu’il s’enfonçait dans la profonde obscurité, il sentit les trois poils de sa caboche se hérisser. Son sentiment d’insécurité grandissait à chacune des secondes écoulées. Un craquement, puis un crissement lui firent serrer les dents. Le hululement d’une chouette chevêchette et il ouvrit grandes ses mirettes. Que de sons étranges qu’il avait entendus aux dernières vendanges. Seulement, un bruit bien incertain et bien trop distinct réveilla son instinct. Une sorte de râle sonore lui resserra les pores. Jamais aucun bruit ne l’avait tant surpris. Non cela n’était pas l’étrange univers qui faisait que son ventre se serre. Le son était bien réel, bien ancré dans ses oreilles. Derrière lui, quelque chose soufflait ; l’envie lui pris de se retourner. Mais quand enfin il le fît, rien ne se produisit. Cette sordide impression hanta l’elfe de maison, qui souvent se retourna lentement. Au bout de ce qui lui paru être une trop longue marche, il s’installa sous une arche d’arbres à coquecigrue. La présence d’esprit de l’elfe érudit était telle, qu’auprès de son lit de fortune jaillit une étincelle. Un petit feu pour se réchauffer, mais surtout pour que les ombres se tiennent éloignées. À la lumière de son bûcher : point de feu follets. Il s’assoupit donc doucement, emplis d’un sommeil apaisant. Ses rêves le plongèrent au milieu de fougères, de piles de livres et de vivres. Il se voyait repus, entouré de phrases lues qui sortaient des pages telles des nuages. Quand soudain, un mot se détacha et se répéta tel un refrain. Fay. Fay, fay, fay…

Trempé de sueur il sorti de sa torpeur. Les étranges phrases du songe levèrent le voile sur le mensonge qu’il se répétait depuis la levée des étoiles. Devant lui, prêt à bondir, se dressait quelque chose de bien pire. Il avait donc encore raison notre elfe de maison ! Couvert de langes et de bandages, il eut été plus sage de croire encore à un cauchemar. Le saule qui devant lui se tenait était donc un arbre Fay. Patron des laissés pour compte, le Saule Fay raconte que notre fin est proche, si à la vie on s’accroche. Étouffés sous les lambeaux de veuves moldues, autant que nous croirions que de feuilles il en est dru ; l’arbre pesait son injuste punition par cette étrange foliation. Louison pris son courage à deux mains et passa outre la légende de son festin. On dit des arbres Fays qu’ils dévorent leurs troubles-fêtes en commençant par les pieds, se régalant de leurs têtes. L’elfe de maison qui, encore une fois, pensait avoir raison, lui proposa un marché : celui de ses branches le nettoyer. En échange de quoi, il aurait la vie sauve, et le secret des prochains fauves, la liste il aurait pour soi. Partant rejoindre la cour des anthropophages d’Obéron, il donna la liste des mages que pourrait rencontrer Louison ; qui satisfait vit son égo devenir aussi gros qu’un veau.

Après une bonne semaine, qu’il affronta non sans peines, l’elfe regrettait presque le temps où pour ses maîtres patients, il brûlait ses neuvaines. Partir à l’aventure est une activité bien fatigante pour qui n’a pas fait de préparation suffisante. La vie est faite de routiniers quotidiens, sinon comment apprécier l’inattendu sur notre chemin ? Mais la liste des contraintes étant enfin finie, Louison perdit toutes craintes de voir vaine sa première envie. Il continua donc son chemin vers le monde incertain. Après de multiples pas il découvrit une disciple de l’Envie. Beaucoup d’animaux fantastiques ont vu leurs réalités devenir caustique, mais jamais cet être mystique n’avait été vu au-delà l’Atlantique ! Jamais il n’aurait cru possible de voir chose si terrible. Au levé de cette journée, devant la brume qui disparaissait, de belles courbes naissaient. Telle une sirène, on la suit hors d’haleine ; la danseuse d’eau qui de la nature enlève le manteau. Au matin, après une nuit passée à danser, pour éviter le chagrin, on les surprend à manger l’épais brouillard qui épouse les nénuphars. Ces fées lacustres, ou Dames de brume, se frustrent à titre posthumes. Mortes avant leurs mariages, les danseuses d’eau cherchent dans les fourrages, un tendre puceau afin de l’attirer dans une danse d’éternité. Louison se souvient de quelques précieux refrains nommant ces êtres éperdus qui hantent certaines étendues. « Lorsque que la nuit d’été vous appelle vers les étangs enchantés, bouclez vos portes et fermez les volets ! »

Louison, l’elfe de maison, pensait avoir toujours raison. Jusqu’à présent personne ne le dément. Alors, aussi rusé que le renard, aussi futé qu’un Serpentard, Louison imagina un filon. Derrière son crâne noua ses grandes oreilles, pour qu’enfin il se pavane comme nul autre pareil. Son torse bombé, agitant ses mains d’une grâce volupté, enfin lui vînt ce discours enchanté :
— « Oh douce fée, me voilà tellement navré de ce qu’il vous est arrivé ! Je vous accorderais toutes les danses espérées, chaque nuit que vous renaissez, tant que la journée vous me laissez voyager. »

Seulement voilà, l’elfe pour une fois se trompa. Jamais il n’aurait du sous-estimer le mal-être d’une si grande fée. Lui qui pensait au jour pouvoir s’échapper, n’avait pas le cœur assez dévoué : ce qu’elle savait. Car depuis de nombreuses décennies, elle a vu passé plusieurs promis ; tous plus malhonnêtes les uns que les autres : des poètes, des tisserands, des apôtres… La danseuse de brume, le cœur lourd comme une enclume, son âme trop bouleversée pour se laisser berner ; a besoin pour exister de jeunesse et de gaité. Ce n’est pas par méchanceté mais par nécessité, car elle aussi a besoin de participer aux douces folies de l’été. Louison fût englouti sous les eaux, soumis dans un nouveau carcan. Il a abandonné ses travaux pour passer du bon temps. Jamais de rien il n’aurait manqué, même pas de liberté. Mais à en vouloir plus toujours, il s’est lui même jeté un mauvais tour. Adieu famille, adieu travail. L’aventure finie, il devint du bétail. Encore maintenant, à qui tend bien l’oreille, tel un revenant, son cri sort du sommeil. Un hululement démoniaque à faire pâlir l’insomniaque. Louison pleurs sa vie passé, l’aventure d’un foyer.

FIN

Par défaut
#LEDLL

Les gagnants de F-B Normandie

Ce jeudi 6 décembre, jour de la Saint Nicolas, nous avons passé l’après-midi ensemble sur France-Bleu Normandie ; où je me suis fait interviewée par Richard Gauthier, sur mes livres et mon univers. Entre deux chocolats chauds aux épices et deux manala, quatre auditeurs ont eu l’occasion de répondre à des question, trouvées par moi-même, pour remporter leur propre exemplaire du tome 2- le Son du Silence !

1- Dominique, cerlanguaise, a répondu à cette question :
Dans le tome 2,  Aliénor rend visite à sa grand mère qui habite à la Cerlangue (76430). Pourquoi ce village se nomme ainsi ?
_ grâce à une fougère
_ parce qu’on y croise beaucoup de cerfs
_ personne ne le sait

La langue de cerf est une fougère scolopendre, dont la forme ressemble à une longue langue et arbore des sores orangées. Cette plante pullule dans les forêts environnantes.

 

2 – Nicolas, de Déville-lès-Rouen, connait bien la Normandie et/ou les vikings :
Comment s’appelle l’homme du nord à l’origine de la Normandie ?
_ Rollon le marcheur
_ Jarl Ragnarr
_ Ivar le désossé
(N’oublions pas que la consonance germanique veut que nous prononcions le J comme un Y ; et qu’un Jarl est un titre correspondant au comte)


C’était bien sûre le Jarl Rollon, dit « le marcheur », qui a reçu en 911 un territoire autour de Rouen, en contrepartie de l’arrêt des pillages. Presque 100 ans plus tard, cette concession deviendra le duché de Normandie.

Pour la petite anecdote, la série dont parle Aliénor, celle qu’elle regarde sur son ordinateur portable, vers la fin du roman, est Viking.

 

3 – Françoise, de Grand-Quevilly a appelé pour offrir le livre à sa petite fille, grande lectrice :
Quelle plante, d’apparence inoffensive, se trouve être mortifère et a une place importante dans la mythologie scandinave et celtique ?
_ le houx
_ le gui
_ le romarin
Le gui : toujours verte, cette plante est considérée dans beaucoup de civilisations européennes comme préservant du mal.
Dans l’Edda de Snorri, apprenons que Hödhur l’aveugle tua involontairement son frère, Baldur l’invulnérable, d’une branche de gui, taillée en forme de flèche par Loki.

 

4 – Claudine de Rugles, habitait elle aussi la Cerlangue quand elle était petite, et est admiratrice de l’Irlande. Elle faisait de la compote de pomme quand elle a entendu LA question qui lui était destinée :
Comment s’appelle la médecine fondée sur les extraits de plante, que Aliénor étudie avec sa grand-mère ?
_ phytothérapie
_ lithothérapie
_ aromathérapie

La réponse est bien évidement la première, du grec « phyto » qui veut dire plante !
Considéré par certains comme une médecine traditionnelle, encore massivement utilisées dans certains pays ; et comme médecine non conventionnelle par d’autres, du fait de l’absence d’études cliniques.

retrouvez l’interview ici

Je suis impatiente d’avoir vos retours et vous souhaite une belle lecture, ainsi que de bonnes fêtes de fin d’année !

Par défaut