Je vous dresse le décor :

Une jeune femme en pleine crise de la trentaine plaque tout son quotidien pour vivre dans l’Himalaya. Mais depuis qu’elle y réside, sa vie est en stand by. Elle subit des cauchemars, du somnambulisme, des hallucinations auditives. Elle dort plus qu’il ne le faut. Elle frôle la dépression. Elle se remet en question. Une nuit, elle reste bloquée dans un de ses cauchemars, qui finalement se transforme en un rêve plutôt réaliste. Elle apprend les us et coutumes de cette époque rétrograde. Elle s’adapte plutôt rapidement. Elle apprend qu’en fait, son âme est piégée dans le corps d’une autre. Cette autre qui est connue pour ses multiples personnalités. Elle finit par se remettre en question. Pourquoi ne peut-elle pas se réveiller ? Pourquoi ici tout semble si réel et moins stressant ? Finalement, d’où vient-elle ? Qui est-elle ? À quelle époque appartient-elle ? C’est une histoire plutôt bicéphale, qui se conclue par des troubles de la personnalité multiple et une folle aventure.

Je vous plante un autre décor :

Une jeune femme de notre époque se retrouve projetée dans les Highlands écossaises du 18ème siècle. Elle a beau le vouloir de toutes ses forces, elle ne trouve pas le moyen de revenir à son époque. Elle s’adapte comme elle peut. Elle tombe amoureuse. Ses propos néologiques lui valent la réputation de sorcière. Elle suit la route de son destin en compagnie d’un écossais en kilt à la bonne éducation. Il cache un secret, il a l’air tourmenté.  Là vous m’arrêtez et me parlez de Outlander.(by Diana Gabaldon)

Maintenant,

Si je vous dis que la première histoire ne se passe pas en Orient, mais en Écosse. Vous me rétorquerez que c’est la même histoire que dans Outlander ? Non. Évidemment ! Continuons sur ce fil de pensée. Une histoire d’amour en Écosse, une femme qui doit fuir… Ne serait-ce pas ce film avec Mel Gibson, sur la vie de William Wallace ? Ou celui sur Robert the Bruce. Ou encore cette série avec un viking d’adoption (the last kingdom)

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Avec mon roman qui sort mercredi, et la publicité qui est faite un peu partout, je me prends souvent  le même genre de réflexion. Que je manque d’originalité (sisi, véridique). Que c’est la même histoire que dans Outlander, etc. Je tiens seulement à préciser que (pour avoir lu les romans – oui, LES – et avoir visionné les épisodes de la série) résumer l’histoire de Diana Gabaldon par « une femme, en Écosse, qui change d’époque » est vachement réducteur. Il en va de même pour mon roman qui n’a pas du tout le même fond ! Il n’a pas non plus le même enjeu que l’histoire de Claire Beauchamp Randall et James Alexander Fraser. Mes lecteurs pourront le confirmer. C’est comme si, pour résumer Alice au pays des merveilles, vous vous contentiez de dire « c’est une petite fille qui s’endort dans une barque en écoutant des histoires farfelues, racontées par un ami de la famille », parce que là je pourrais tout aussi bien comparer ce résumer à Twilight II (Bella qui s’endort sur l’épaule de Jacob, en écoutant les histoires du chef de la réserve, autour d’un feu). C’est comme si, pour résumer Anne et la maison aux pignons verts, vous disiez « une jeune personne hyperactive s’attire beaucoup d’ennuis ». Parce que cela pourrait convenir tout aussi bien à Denis la Malice ou Tom Sawyer ! Si je vous dis « Une école de sorcellerie en Grande-Bretagne, un dirigeant adorable et bienveillant, un prof de potion grognons, aux cheveux gras, et un héro qui ne s’attire que des ennuis », soyez persuadés que je ne vous parle pas de Harry Potter (J.K. Rowling) mais bien de Amandine Malabul (Jill Murphy).

Ce n’est pas parce que la forme d’une histoire vous rappelle quelque chose, que le fond est forcément identique, que ce soit en littérature, en cinématographie (Matrix & Kill Bill avec leurs scènes en slow-motion), en peinture (n’allez pas dire que Rubens aurait copié le Maître tapissier d’Anne de Bretagne pour ses 5 sens !), et même en pâtisserie ! Pourquoi un boulanger vous propose, en plus du grillé aux pommes, une tarte aux pommes ou une tarte tatin ? Cela reste « une pomme cuite, avec du beurre, du sucre et une pâte ». Je ne suis pas scandalisée, non pas pour cela, disons plutôt que je suis stupéfaite du manque d’originalité des râleurs.

Capture d’écran 2020-05-14 à 15.14.36Pour être franche, OUI :

  • l’action se déroule dans les Highlands (mais aussi à Édimbourg, Inverness, Skye Isle, le Havre, Harfleur et Charles De Gaulle Airport),
  • mon personnage principal a 30 ans (pour info, dans le tome 1 Claire n’en a que 28),
  • il y a un véritable enjeu (mais pas la bataille de Culloden, ni la guerre d’Indépendance américaine),
  • il y a changement d’époque (mais pas voyage dans le temps),
  • il est question de James Fraser à un moment (mais le ministre d’Inverness + un clin d’œil sarcastique aux fans de Netflix),
  • c’est un roman historique (mais davantage basé sur le quotidien, plutôt qu’un grand évènement),
  • Claire beauchamp traverse des pierres, parle de Kelpie et a manqué de se faire brûler pour sorcellerie (mais dans mon roman, il y a vraiment un kelpie et de la magie… mais aussi des Powries, des Brownies, des sorcières, des prémonitions, des franc-maçons…).

Donc, jugez le livre à la couverture ! Enthousiasmez-vous ! Détestez-le ! Méprisez-moi si ça vous chante ! Mais ne faites pas de rapprochement hors sujet. Vous voulez comparer le fond de mon roman avec quelques œuvres, tant qu’elles sont médiatisées ? Pas de soucis, voici matière : Fenêtre secrète (écrivain/page blanche/schizophrénie) ou encore Shutter Island (une île/schizophrénie/impasse psychologique). Mais aussi Inferno (Franc-maçons/guerre virale/symbolisme) et Le chat noir (manque de sommeil/folie/mysticisme).
Réducteur… c’est le mot 😉 et pourtant moins que « c’est en Écosse et elle voyage dans le temps ». J’en rajoute une couche avec Doctor Who, S05E07 « Le seigneur des rêves » ? Non, le message est clair (rires).

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 chronique de Nina John @femliterature (Instagram)

Dans tous les cas, je tiens à remercier toutes les critiques littéraires qui lisent mon romans ces derniers jours, d’accorder à cette histoire le temps qui lui faut. Car « Perdue dans les landes » n’est pas qu’une simple romance, il est avant tout un récit engagé et féministe, où des mois de recherches ont permis de fournir un roman complet sans être complexe.

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